Dans le coin inférieur

Quand je débarque à une station, je photographie toujours en premier son nom inscrit sur le mur. Une fois arrivée devant l’écran d’ordi, je ne me souviens pas toujours quel bout de béton appartient à quel arrêt. Pour m’y retrouver dans ma centaine de clichés par session, c’est bien pratique d’avoir un repère qui marque le début et la fin d’une série pour un arrêt, comme les claps au cinéma.

Station Joliette
Station Joliette

Le deuxième élément architectural que je photographie toujours est un coin. Je parle ici de la rencontre entre deux murs et le plancher.  J’essaie dans trouver un assez bien éclairé (pas toujours évident) et pas trop encombré de quincaillerie (porte, poubelle, téléphone…).

Pourquoi je trouve ça intéressant, les coins? Primo, souvent, en un seul cliché, j’ai la représentation des choix de matériaux utilisés par l’architecte pour surfacer les lieux. Secundo, l’assemblage des briques, des tuiles et du ciment, dessine des petites œuvres abstraites. C’est aussi une belle occasion d’explorer le jeu des textures. J’ai utilisé une lentille grand angle pour magnifier les lignes directrices, désincarner la scène et pousser un peu plus loin l’abstraction. Dans ma tête, je vois toutes ces photos réunies ensemble pour donner un effet géométrique.

Un coin avec une porte. Refusé!!!
Un coin avec une porte. Refusé!!!

Le résultat n’est pas parfait. J’ai photographié ces coins sans trépied, sans grande planification, « juste pour voir ». J’ai donc été obligé de les réaligner dans Photoshop pour m’assurer qu’ils ont tous la même composition, le coin placés au même endroit. De plus, je n’ai pas toujours utilisé la même longueur focale. Il y a un peu de variation au niveau de la ligne de rencontre entre les murs et le plancher. L’angle change d’une photo à une autre. Je n’ai pas vraiment envie de tout recommencer pour avoir une parfaite répétition. Puis, certaines sont tout bêtement ratées. Par exemple, j’ai retiré toutes celles qui avaient une porte. Ça brise l’effet.

Il ne faut pas avoir peur du ridicule pour photographier des coins dans un lieux achalandé. Avec ma grosse caméra, immobile, visant un espace vide, reprenant plusieurs fois, comme si une des briques avait grimacé ou bougé. Moi qui aime me faire discret comme photographe, ce projet m’en a demandé beaucoup.

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  1. […] Un des concepts envisagés n’a pas nécessité une trop longue réflexion: celui des coins. Malheureusement, j’ai vite réalisé qu’il me manquait plusieurs stations. Après enquête, il semblerait que l’idée m’est venu assez tardivement. Je vais donc être dans l’obligation de faire un blitz photo des lieux manquants. Ce qui veut dire toute la ligne bleu et la ligne orange de Heny Bourassa à St-Henry. J’ai déjà planifié d’y aller pendant les heures de pointe ou juste avant ou après, question de ne pas attendre 13 minutes entre chacun des clichés de quelques secondes. Vous pouvez consulter l’article que j’avais écrit sur les coins. […]